Histoire & patrimoine

Architecture du Touquet : villas, styles, architectes et bâtiments à voir

Hôtel de ville du Touquet-Paris-Plage et son beffroi en brique et pierre
L'hôtel de ville (1931) de Louis Debrouwer et Pierre Drobecq, classé monument historique. Photo : Wolsberg · CC BY-SA 4.0 · Wikimedia Commons

En bref

L'architecture du Touquet mêle villas anglo-normandes, régionalistes et Art déco, construites surtout entre 1900 et 1939 dans la forêt et autour du centre. Ses grandes signatures sont Louis Quételart (phare de la Canche, villas Pomme d'Api et Les Mutins), Louis Debrouwer et Pierre Drobecq (hôtel de ville, 1931), Henri-Léon Bloch (marché couvert, villa Way Side) et Horace Pouillet (villa Tata Ice). Une vingtaine d'édifices sont protégés au titre des monuments historiques.

Au Touquet, l'architecture se découvre en marchant le nez en l'air. La station s'est construite très vite, entre la fin du XIXe siècle et les années 1930, pour une clientèle aisée, souvent anglaise : villas à colombages, chalets à tourelles, façades Art déco et grands bâtiments publics en brique et pierre. Une vingtaine d'édifices, villas comprises, sont protégés au titre des monuments historiques. Voici comment reconnaître les styles, qui étaient les architectes et quels bâtiments ne pas manquer.

Une ville dessinée sur la dune

Avant les villas, il y a un plan. Le premier lotissement de Paris-Plage, inauguré en 1882, est dessiné par Raymond Lens : un quadrillage de rues perpendiculaires à la mer, autour de l'actuelle rue Saint-Jean. Après le rachat du domaine par John Whitley en 1902, la partie située à l'est du boulevard Daloz est lotie selon un dessin de Joseph-Louis Sanguet, avec des voies plus souples qui s'enfoncent dans la forêt de pins. On retrouve encore ces deux visages : un centre en damier, dense et commerçant, et des quartiers boisés où les villas se cachent derrière les arbres.

Les rues du centre portent des noms de capitales et de grandes villes (rue de Paris, de Londres, de Moscou, de Metz), clin d'œil à la clientèle cosmopolite que la station voulait attirer.

Villa Tata Ice, façade rose Art déco, avenue de la Paix au Touquet
La villa Tata Ice (1926) d'Horace Pouillet, avenue de la Paix. Photo : JBCousin · CC BY-SA 3.0 · Wikimedia Commons

Les styles d'architecture du Touquet

Quatre grandes familles se côtoient dans les rues :

  • Anglo-normand : colombages, toits très pentus, pignons, souvent brique et pierre. C'est le style de la villa Way Side (musée) et d'une bonne partie des maisons de la forêt.
  • Régionaliste et pittoresque : pierre locale, tourelles et silhouettes de petits châteaux, comme Le Castel (1904) ou le Village Suisse.
  • Art déco : volumes géométriques, béton, couleurs franches, dans les années 1920-1930. L'exemple le plus étonnant est la villa Tata Ice.
  • Moderne d'après-guerre : immeubles de la reconstruction et résidences du front de mer à partir des années 1960.

Les villas portent presque toutes un nom (Pomme d'Api, Les Mutins, Le Quart-d'Heure…) et souvent une plaque avec le nom de l'architecte. C'est un bon réflexe de la chercher près de l'entrée.

Et après 1945 ?

La reconstruction et les années 1960 changent le front de mer : la résidence Dolce Vita (1961), de Jacques Bouchardy et Philippe Faure, est la première de grande hauteur, et le lycée hôtelier remplace le Royal Picardy, démoli en 1968. Ce contraste entre villas anciennes et immeubles modernes fait partie du paysage touquettois.

Les architectes du Touquet

Louis Quételart (1888-1950)

Né à Berck, formé sans diplôme dans les agences locales, Louis Quételart est l'architecte le plus associé à la station. Sa première villa, Fadette, date de 1912. Il conçoit ensuite des dizaines de villas (Pomme d'Api en 1923, Les Mutins en 1925, Bic en Coin en 1926, Pretty Cottage en 1928), le cinéma Le Normandy et l'aérogare de 1936. Il dessine enfin le phare de la Canche, achevé après sa mort par son fils Pierre. Plusieurs de ses villas sont inscrites aux monuments historiques.

Les autres signatures

  • Louis Debrouwer et Pierre Drobecq : l'hôtel de ville (1931) et le Royal Picardy, palace de 500 chambres disparu.
  • Henri-Léon Bloch : le marché couvert, avec Henri-Paul Nénot, et la villa Way Side.
  • Horace Pouillet, architecte lillois : les villas Tata Ice (1926), Glenwood et Karidja (1927).
  • Henri Valette, de Berck : la villa Le Castel (1904), néo-médiévale.
  • Anatole Bienaimé, d'Amiens : les villas Monéjan et Le Roi d'Ys.
  • Paul Bertrand : le Village Suisse (1905-1906), avenue Saint-Jean.
  • Lucien Viraut : l'église Sainte-Jeanne-d'Arc (1910-1911).
Arche du marché couvert du Touquet enjambant la rue Jean-Monnet
La grande arche du marché couvert, au-dessus de la rue Jean-Monnet. Photo : AntonyB · CC BY-SA 4.0 · Wikimedia Commons

Les bâtiments incontournables

BâtimentDateArchitecte(s)Protection
Phare de la Canche1949-1951Louis QuételartClassé MH
Hôtel de ville1931Louis Debrouwer, Pierre DrobecqClassé MH
Marché couvert1931-1932Henri-Léon Bloch, Henri-Paul NénotInscrit MH
Hôtel des Postes, rue de MetzAnnées 1920—Inscrit MH
Église Sainte-Jeanne-d'Arc1911, reconstruite 1950-1955Lucien Viraut—
Villa Way Side (musée)Années 1920Henri-Léon Bloch—
Hôtel Westminster1924——

L'hôtel de ville est le plus spectaculaire : un mélange de gothique anglais, de pans de bois et de pignons artésiens, en pierres de Baincthun et d'Hydrequent, sous un beffroi de 38 m dont le carillon reprend la mélodie de Big Ben. Juste à côté, le marché couvert dessine un demi-cercle autour d'une place, avec une grande arche qui enjambe la rue Jean-Monnet. Le phare, en brique, mesure 57 m.

Villas remarquables à repérer

Les villas sont des maisons privées : on les admire depuis la rue, sans entrer dans les jardins. Parmi celles qui sont inscrites aux monuments historiques :

  • Tata Ice (1926), avenue de la Paix : façade rose qui évoque un visage, entre Art déco et cubisme tchèque.
  • Le Castel (1904), 50 rue Jean-Monnet : tourelle et allure de petit château.
  • Pomme d'Api (1923), rue de Moscou : première maison-agence de Quételart.
  • Les Mutins (1925), boulevard Daloz : sa maison et son agence à partir de 1925.
  • Glenwood et Karidja, avenue de la Reine-Victoria : deux villas de Pouillet.
  • Saint-Augustin, Thalassa, Phébus et Borée : un îlot de quatre maisons familiales de la fin du XIXe siècle, en front de mer.

On les trouve surtout dans le quadrilatère entre la rue Saint-Jean, le boulevard Daloz et l'hôtel de ville, et dans la forêt autour de l'avenue du Golf et de l'avenue du Château.

Un parcours à pied d'environ deux heures

  1. Départ au pied du phare de la Canche, allée des Mésanges.
  2. Rejoindre l'hôtel Westminster, avenue du Verger, et sa façade de brique.
  3. Descendre l'avenue Saint-Jean pour le Village Suisse et la villa Monéjan.
  4. Obliquer vers l'avenue de la Paix et la villa Tata Ice.
  5. Gagner l'hôtel de ville, l'église et le Jardin d'Ypres.
  6. Suivre la rue Jean-Monnet : Le Castel, puis le marché couvert.
  7. Finir face à la mer, place du Centenaire, devant la Tour Paris-Plage d'Alain Godon (2017), une tour Eiffel de 9,5 m.

Les villas de la forêt, plus dispersées, se découvrent mieux à vélo : l'office de tourisme propose d'ailleurs une visite guidée à vélo consacrée aux villas de la forêt. Comptez une boucle par l'avenue du Golf et l'avenue du Château, avec un arrêt au musée de la villa Way Side, dont les salons ont conservé leurs boiseries d'origine.

Le conseil de Charles : faites ce parcours hors saison ou tôt le matin, quand les arbres sont moins feuillus et les rues calmes : les façades se voient bien mieux. Et réservez au moins une visite guidée de l'office de tourisme, notamment celle de l'hôtel de ville, qui ouvre des salles inaccessibles autrement.

Loger dans une villa de 1920

La Villa Mon Étoile, rue d'Étaples, est elle-même une maison de 1920 aux accents Art déco, à quelques minutes à pied de l'hôtel de ville et du marché couvert. Elle abrite deux appartements, Hélios et Cassiopée, idéaux pour explorer la station à pied. Pour aller plus loin, lisez notre histoire du Touquet, notre sélection de lieux à visiter et la balade dans les rues emblématiques.

Questions fréquentes

Quel est le style architectural du Touquet ?

Il n'y en a pas qu'un : on trouve des villas anglo-normandes à colombages, des villas régionalistes à tourelles, des façades Art déco des années 1920-1930 et des immeubles modernes sur le front de mer.

Qui est l'architecte du phare du Touquet ?

Louis Quételart. Le phare de la Canche, haut de 57 m, a été construit à partir de 1949 et achevé après sa mort en 1950 par son fils Pierre.

Qui a construit l'hôtel de ville du Touquet ?

Les architectes Louis Debrouwer et Pierre Drobecq, en 1931. Le bâtiment et son beffroi de 38 m sont classés monument historique.

Peut-on visiter les villas du Touquet ?

Ce sont pour la plupart des maisons privées, à admirer depuis la rue. La villa Way Side, qui abrite le musée, se visite, et l'office de tourisme organise des visites guidées des villas, notamment à vélo.

Sources et vérifications

Séjourner au cœur du Touquet

Pour profiter de tout ce que nous décrivons ici à pied, posez vos valises à la Villa Mon Étoile : deux appartements de 55 m² dans une villa Art déco, à 300 m de la plage, dès 140 € la nuit.

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